Un clip qui explose les compteurs, des références à la pop culture à chaque plan, et soudain, un débat inattendu qui refuse de s’éteindre. Quand Ariana Grande sort le clip « Merci, Next », elle ne se contente pas de signer un tube : elle ravive une polémique persistante autour de son apparence.
Dans cette vidéo devenue culte, Ariana Grande s’amuse à rejouer des scènes iconiques de films pour ados tels que « Mean Girls » ou « Bring It On », entourée de célébrités. Kris Jenner apparaît pour un clin d’œil qui ne passe pas inaperçu. Sur le plan musical, le morceau frappe juste, propulsant Ariana sur la première marche des classements mondiaux. Mais très vite, la lumière des projecteurs révèle un autre sujet : la chanteuse adopte une peau bien plus bronzée que dans ses débuts, arborant en prime des extensions capillaires impressionnantes. Immédiatement, une interrogation émerge : Ariana Grande tente-t-elle de brouiller ses racines ?
L’origine ethnique d’Ariana Grande
Ariana Grande naît en Floride, là où de nombreuses influences latino-américaines infusent la culture locale. Pourtant, les origines de sa famille plongent toutes leurs racines dans le sud de l’Italie : Ariana se décrit sans détour comme moitié sicilienne, moitié abruzzaise. Son nom complet, Ariana Grande-Butera, n’évoque pas spontanément l’Italie, laissant planer parfois la confusion. Certains admirateurs la pensaient même d’origine latino, tant les apparences trompent.
Lorsque l’on feuillette ses premiers rôles, le contraste est frappant. Sur une scène de Broadway dans la comédie musicale « 13 », Ariana affiche un teint naturellement clair, loin du résultat des séances de bronzage. Pareil dans « Victorious » : elle dégage alors une image différente, loin du look travaillé d’aujourd’hui. Ceux qui tentent de justifier son hâle par les spécificités régionales de l’Italie ferment les yeux sur les changements opérés depuis quelques années.
Le faux bronzage et la « pêche au noir »
Ariana s’est appropriée le bronzage accentué bien au-delà du clip « Merci, Next ». Dans « 7 Rings », elle en rajoute une couche : faux bronzage toujours plus marqué, paroles évoquant l’achat de cheveux, sonorités très hip-hop. Difficile pour l’opinion de passer à côté. Le terme « blackfishing » fuse dans la critique : Ariana Grande franchirait-elle la limite ?
Ce concept de « blackfishing », contraction de black et catfishing, pointe le fait que certaines personnes, tout en n’étant pas noires, ajustent leur peau, leur style ou leur façon de parler pour brouiller les pistes et donner le sentiment d’une origine plus racisée. Nul besoin de tomber dans la caricature : parfois, l’accumulation de clins d’œil culturels, la recherche de codes esthétiques particuliers ou certains tics de langage suffisent. Ce phénomène trouble, car il entretient une confusion tenace sur la question de l’identité.
Les fans de la première heure n’ont pas oublié la jeune interprète discrète, qui n’affichait aucun artifice bronzage. Aujourd’hui, ils constatent qu’avec ce cocktail de références culturelles, Ariana construit une image capable de nourrir l’ambiguïté et, parfois, l’accusation d’opportunisme. Les comparaisons reviennent souvent : même flow, mêmes inspirations, certains pointant l’influence de la rappeuse Princess Nokia sur son style récent.
Le point de bascule est ténu entre admiration culturelle et appropriation. Là où des observateurs perçoivent un hommage, d’autres y voient une méconnaissance crasse des enjeux sociaux et historiques liés à l’identité noire. Ariana a ainsi perdu la confiance d’une partie de son audience, déconcertée par ces choix en rupture avec sa trajectoire initiale.
Les partisans d’Ariana
Dans l’autre camp, certains relativisent, soulignant l’ascendance italienne de la star : « Les Siciliens et les Abruzzais peuvent avoir la peau mate », rappellent-ils volontiers. D’autres réfutent l’idée même de « blackfishing », jugeant la polémique déplacée.
Pour un nouveau public, le bronzage d’Ariana n’a rien de dérangeant ; il devient même un idéal difficile à atteindre. Kristyn Pradas, spécialiste du bronzage, partage volontiers ses techniques pour parvenir à cette nuance si particulière, toujours en affichant la recherche d’un effet naturel, sans volonté de dissimuler la couleur réelle de la peau.
Impossible de savoir ce qui motive vraiment Ariana Grande. Certains avancent que débattre de ses intentions est secondaire : au fond, ce qui demeure, c’est l’effet produit sur l’imaginaire collectif, bien plus que le pourquoi du comment. Si certains voient dans ses changements une forme modérée de « pêche au noir » comparée à d’autres célébrités particulièrement critiquées, la discussion, elle, reste entière. Ce feuilleton autour du bronzage d’Ariana Grande continue d’alimenter les échanges, mettant au grand jour la complexité de la question de l’identité et des représentations dans l’espace public.

